La Sarthe à Gauche

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Le 1er juin, le Revenu de Solidarité Active (RSA) entrera en vigueur. Portée par les forces de gauche depuis plusieurs années, le RSA est un dispositif destiné aux allocataires des minima sociaux permettant de cumuler revenu d'activité et revenu de solidarité.  Il permet de compléter les revenus de ceux qui ont un petit travail insuffisamment payé pour les aider à sortir définitivement de la pauvreté. Avec ce dispositif, le salarié a la garantie que toute heure travaillée signifie un gain de revenu.


Un accompagnement social incertain en Sarthe

Les expérimentations menées dans les départements volontaires - ce qui ne fut malheureusement pas le cas de la Sarthe - ont montré que le RSA peut constituer un progrès en favorisant  le retour à l'emploi de ceux qui en sont éloignés. Mais, atteindre cet objectif nécessité des moyens importants.


Ainsi, le Conseil général de l'Eure a mis en place un suivi individualisé de chaque allocataire par un référent unique pilotant une coordination de plusieurs acteurs (CAF, CPAM, Conseil général et Pôle Emploi) pour travailler sur l'accès aux droits du bénéficiaire car le retour à l'emploi est souvent conditionné par plusieurs éléments : santé, formation, logement, intégration dans l'entreprise. Ce système est complété par une bourse d'insertion permettant à tout moment d'attribuer une aide financière à l'allocataire pour résoudre ses problèmes de garde d'enfants, de mobilité ou d'habillement.


Faire du RSA un outil efficace de retour à l'emploi nécessitera donc un investissement particulier du Conseil général. Toutefois, à seulement deux mois de l'entrée en vigueur du RSA, nous ne savons rien des intentions des élus de la majorité UMP.


Un financement insuffisant et socialement injuste.

Mais au-delà, c'est finalement la question du financement du RSA qui est posée. Or, les choix budgétaires du gouvernement ont contraint à revoir à la baisse les ambitions du RSA lors du vote de la loi. Pourtant il aurait été possible de consacrer des sommes plus importantes à ce nouveau dispositif. En effet, alors que le gouvernement a décidé de financer le RSA par la solidarité nationale en instaurant une taxe sur les revenus des capitaux, on ne peut que s'étonner que les personnes bénéficiant du bouclier fiscal n'y contribuent pas.

 


De même, le RSA constituera également une charge supplémentaire pour les Conseils généraux mais  les conditions financières de sa mise en œuvre restent particulièrement floues. Quel sera le coût de ce nouveau dispositif ? Comment l'État compensera les dépenses des Départements ? Aucune réponse claire n'a été apportée par le gouvernement à ces questions qui ne sont pas anodines lorsque l'on sait que les transferts de charge intervenus depuis 2002 représentent un déficit de 30 millions d'€uros dans le budget 2009 de notre Département.


Alors en Sarthe, la question est posée. Le Conseil général souhaite-il faire en sorte que le RSA soit un véritable pied à l'étrier pour ses bénéficiaires ou se contenter seulement d'en faire un nouveau minima social ?

Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 12:00
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