La Sarthe à Gauche

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Dans quelques jours, le Comité BALLADUR mis en place par Nicolas SARKOZY rendra officiellement ses conclusions sur la réforme du statut des collectivités territoriales. Ce que l'on sait du projet de rapport soulève les plus vives inquiétudes.


La suppression de la taxe professionnelle annoncée par le président de la République sans proposer aux collectivités une ressource alternative qui leur assure des recettes dynamiques liées à l'activité économique, a été dénoncée par les élus des collectivités de gauche mais aussi de nombreux élus de droite. Nous demandons une réforme de la fiscalité locale qui rétablisse la justice fiscale et s'attaque aux inégalités territoriales, dans les villes comme dans les campagnes.


Nous pensons qu'une telle réforme doit avant tout permettre de :

  • garder l'équilibre entre la fiscalité locale sur les ménages et sur les entreprises,
  • rendre la fiscalité locale plus progressive et plus favorable à l'activité économique,
  • rendre plus juste la taxe d'habitation,
  • remplacer la taxe professionnelle par un impôt territorial qui ne pénalise pas l'investissement et l'innovation et maintienne le lien entre les entreprises et le territoire où elles sont implantées,
  • garantir l'autonomie fiscale des élus locaux,
  • renforcer la péréquation entre collectivités.


Nous récusons le projet de fusion des élus régionaux et départementaux, sous le vocable «conseillers territoriaux». Ce projet est dangereux car :

  • Il fragiliserait la région en envoyant siéger au Conseil régional les élus des départements. En supprimant le lien direct avec les électeurs, on diminue la Région alors qu'il faudrait la renforcer. Les régions ne doivent pas devenir des fédérations de super-cantons, mais au contraire garder leur dynamique propre pour un développement économique et aménagement du territoire cohérent.
  • Il priverait les élus départementaux des relations de proximité qui font la force des départements dans leurs interventions sociales au bénéfice des personnes âgées, handicapées, des familles, des personnes en situation de précarité.
  • Nous voulons au contraire renforcer chaque collectivité car chacune a son utilité, en clarifiant les compétences des régions et départements et en désignant des chefs de file pour les compétences partagées, au demeurant marginales dans les budgets régionaux et départementaux.
  • Nous souhaitons enfin une réforme du mode d'élection des Conseillers généraux soit à travers un scrutin de liste à l'échelon départemental soit à travers une refonte complète des cantons visant à l'égalité démographique des cantons.


Nous sommes également favorable à achever la constitution de la trame de l'intercommunalité en fixant une date butoir et que l'on puisse élire au suffrage universel les exécutifs des intercommunalités, soit en adoptant le système Paris-Lyon-Marseille, soit par un système mixte associant l'élection au suffrage universel direct du conseil intercommunal et la représentation des maires.


Ces éléments contrairement à la réforme envisagée par l'UMP et le gouvernement sont de nature à satisfaire des priorités utiles au pays et à nos concitoyens : la réduction des disparités territoriales et des inégalités sociales, conditions essentielles à la compétitivité renforcée; l'efficacité accrue des politiques publiques; le renforcement de la démocratie locale.


Ne nous laissons pas berner par un discours faussement moderniste et réellement rétrograde. Faisons prévaloir les vrais enjeux à appréhender et exigeons, avant tout, le temps nécessaire à une concertation approfondie.



Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 22:47
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