Jeudi matin, 80 membres et responsables du Mouvement National des Chômeurs et Précaires occupent le Haut Commissariat aux Solidarités Actives.
Certains viennent de la Sarthe (Le Mans et Arnage).
Depuis 22 ans, les associations membres du MNCP conduisent des actions d'accueil, d'information et d'accès aux droits, de représentation, d'accès à la formation et à l'emploi, de développement
d'activités d'économie solidaire ... avec des « bouts de ficelle », sans véritable et pérenne reconnaissance de leur projet de la part de l'Etat, en dépit d'une véritable reconnaissance de leur
utilité sociale, citoyenne et économique sur les territoires où ils sont implantées.
Quatre associations ont déjà disparu en 2007, cinq sont très fortement menacées en 2008 (25 postes d'animateurs déjà supprimés ou menacés). Leur tête de réseau est à nouveau, elle aussi, menacée
du fait du non respect par l'État des engagements pris par Jean-Louis Borloo à l'époque il était en charge du dossier.
Comme cela a été dit à de très nombreuses reprises, et tout dernièrement dans le Grenelle de l'Insertion, « il ne peut y avoir de politiques publiques efficaces mises en place, notamment dans les
domaines de l'emploi et l'insertion, sans que les principaux intéressés organisés collectivement ne soient là pour donner leur avis, émettre leurs propositions ».
Le silence de Martin HIRSH est par ailleurs assez étonnant lui qui écrivait dans La chômarde et le haut commissaire publié récemment : « Il faut
montrer que les chômeurs sont aussi des électeurs et les aider à s'organiser en force de représentation collective. »
Jeudi soir à 20 heures, l'occupation prend fin. Les membres de la MNCP sortent avec la promesse écrite de la signature d'une
nouvelle convention... au rabais. La fédération d'associations ne recevra plus que 200 000 euros par an. "On va être obligé de licencier, c'est dramatique. Nous nous réunissons demain,
nous déciderons d'accepter ou non cette proposition" explique Jean-François Yon, Président du MNCP.
Encore une fois, il apparaît clairement que la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale dans notre pays n'est pas une priorité du gouvernement. Nous, élus de gauche, souhaitons témoigner
de l'engagement des associations d'aides aux chômeurs et les assurer de leur soutien dans la démarche entreprise pour faire entendre leurs revendications et projets.