Les temps sont difficiles pour les Français et, s'il faut croire le Premier ministre, « l'Etat serait même en faillite ». La croissance n'est pas au rendez-vous. La crise
financière est sous-estimée. Le pouvoir d'achat traîne. Les fameux gains de pouvoir d'achat censés être apportés par une meilleure rémunération des heures supplémentaires - qui n'existeront,
faut-il le rappeler, que si les entreprises ont leur carnet de commandes rempli et non pour les millions d'employés à temps partiel, ni pour les millions de salariés ayant des accords
d'annualisation du temps de travail - vont être hypothéqués par une hausse annoncée des principaux postes de dépenses des ménages. La santé va devenir plus chère, avec la taxation des malades
par les «franchises» médicales. L'énergie flambe, avec un baril de pétrole lancé vers les 100 dollars, tout comme l'ensemble des matières premières industrielles. Mais, aussi grave, cette hausse
concerne les matières premières alimentaires : les fruits et légumes ont augmenté en moyenne de 10 %, le pain de 17 %, la viande de 18 %. Affectés par de mauvaises récoltes, les céréaliers sont
confrontés à un arbitrage inédit dans l'histoire de l'humanité entre alimentation et énergie, avec les biocarburants.
D'où l'urgence, pour l'Europe, de réviser sa politique agricole commune. D'où la diversion créée par le gouvernement cette semaine en lançant une conférence sur l'emploi, le coût
du travail et le pouvoir d'achat. Celui-ci est d'ailleurs en panne.
Aucun coup de pouce n'a été donné pour le revaloriser. Il n'y a pas eu non plus de revalorisation de l'allocation de rentrée scolaire ou de hausse des petites retraites, pourtant
promise pendant la campagne présidentielle.
Or, au même moment, que fait la majorité à l'Assemblée nationale ? Elle accroît encore les réductions d'ISF aux chefs d'entreprise qui investissent dans leur propre société et
améliorent ainsi le "paquet fiscal" pour les plus aisés ! Rappelons que les recettes de l'ISF ont fortement progressé (en 2007 (+19%), s'établissant à 4,42 milliards d'euros contre 3,85
milliards initialement prévus, ce qui montre qu'une partie des Français vit de mieux en mieux. La majorité a également instauré un taux de prélèvement forfaitaire libératoire unique de 18% sur
les dividendes d'actions et les revenus des obligations, dispositif qui privilégie la rente par rapport au travail. La fiscalité est optimisée pour quelques privilégiés tandis que le plus grand
nombre « rame ».
Dans ce contexte, où sont les marges de manoeuvres pour oxygéner notre économie par une relance par l'investissement et la demande et répondre à la détresse des salariés et
retraités les plus modestes ? Elles n'existent tout simplement pas. Aujourd'hui, l'Etat veut faire payer la facture de sa politique injuste aux collectivités territoriales. La progression du
montant de la dotation globale sera désormais indexée uniquement sur le taux d'inflation, soit 1,6% pour 2008, alors qu'auparavant s'y ajoutait une fraction du taux de croissance. Les
collectivités locales, majoritairement gérées par la gauche, y seront de leur poche pour 400 millions d'euros. Ce ne sera pas suffisant. Demain, ce sont les Français qui seront mis à
contribution, avec la hausse inévitable de la TVA.
Jeudi 15 novembre 2007
4
15
/11
/Nov
/2007
21:02
0