La Sarthe à Gauche

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Soixante départements ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel pour non-respect du principe de libre-administration des collectivités locales, a annoncé mardi le président socialiste de l'Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton. Les Conseils généraux reprochent à l'Etat de ne pas compenser les transferts de charges, notamment en matière sociale.


De fait, le transfert aux collectivités locales de prestations liés à la réinsertion, la précarité, le handicap ou la vieillesse n'a pas été suivi d'une augmentation des dotations de l'Etat.

 

Selon l'ADF, les charges sociales obligatoires des départements devraient s'élever cette année à 13,68 milliards d'euros, l'Etat ne compensant que 7,64 milliards : sans rééquilibrage du financement des trois allocations individuelles de solidarité "dans le cadre de la solidarité nationale", les départements "ne seront plus en mesure à court terme" de l'assurer.

 

Les 58 départements de gauche, et deux de droite, la Haute-Loire présidée par Gérard Roche (divers droite) et la Meuse, présidée par Christian Namy (divers droite), ont entamé les démarches pour aller individuellement devant le Conseil constitutionnel, a précisé M. Lebreton à l'issue d'une réunion de bureau de l'ADF. Il n'a pas exclu que d'autres départements de droite les imitent.

 

Les 60 présidents de conseils généraux sont en train d'adresser un courrier au Conseil constitutionnel en saisissant la nouvelle disposition de la Constitution qui permet aux citoyens de saisir cette juridiction, a ajouté M. Lebreton. Leur démarche doit être validée par le conseil d'Etat. Certains ont déjà entamé une procédure auprès de tribunaux administratifs qui devraient se déclarer incompétents, laissant le soin au Conseil constitutionnel de se prononcer.

 

En cas de rejet du pourvoi par le conseil d'Etat, comme en cas de réponse négative du Conseil constitutionnel, "nous irons devant la justice européenne", a averti M. Lebreton. Marie-Françoise Pérol-Dumont (PS), présidente du groupe de gauche de l'ADF, a souligné que parallèlement cette assemblée soumettait aux parlementaires une proposition de loi pour que l'Etat assure le financement des allocations de solidarité à la charge des départements : l'allocation personnalisée d'autonomie, la prestation de compensation du handicap et le revenu de solidarité active.

 

Avec la saisine du Conseil constitutionnel et la proposition de loi d'origine parlementaire, "il s'agit de donner deux signaux forts de notre volonté", a estimé Michel Dinet (PS), premier vice-président de l'ADF. Les difficultés financières des départements devraient être au cœur du congrès de l'ADF, qui se tiendra cette année du 19 au 21 octobre en Avignon.

 

Le Monde, le 05 octobre 2010

Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 13:58
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Alors que le Gouvernement persiste à mener une politique fiscale injuste au profit des plus riches - avec le maintien du paquet fiscal et le refus d'une contribution plus forte des revenus du capital - et inefficace en matière d'emploi et de croissance, le Ministre du Budget vient d'annoncer le gel des dotations de l'Etat aux collectivités locales. Ce gel, du fait des critères de répartition des enveloppes budgétaires, va entraîner une baisse de la dotation globale de fonctionnement pour 20 000 des 36 000 communes.


Cette mesure est injuste car elle frappe les collectivités locales que l'Etat avait déjà affaiblies en supprimant la taxe professionnelle et en ne compensant pas l'intégralité des charges transférées. Elle est injuste aussi car les collectivités représentent moins de 10% du total de la dette publique et que chacun de leur emprunt est adossé à un investissement alors que l'Etat emprunte pour payer ses dépenses quotidiennes.

 

Cette mesure de gel des dotations est une mesure dangereuse. Dangereuse pour l'activité économique alors que les collectivités représentent plus 70% de l'investissement public. Associé au projet de réforme des collectivités, ce gel des dotations va entraîner un recul fort et néfaste de l'investissement public aux dépens de la croissance.

 

Les élus de Gauche du Conseil général de la Sarthe regrettent et dénoncent cet acharnement de l'UMP sur les collectivités locales qui sont aujourd'hui le dernier rempart face aux désengagements de l'Etat et au recul des services publics.

 

Ils appellent les forces de gauche à préparer un projet de refonte globale de la démocratie locale et de l'aménagement du territoire. Fiscalité, compétences, organisation, partenariats et statuts des élus locaux doivent être traités dans un même texte.

 

Un nouveau chantier pour 2012 : abrogation de la réforme des collectivités imposée par l'UMP et rétablissement d'un lien de confiance entre l'Etat, les collectivités locales et les citoyens pour garantir le développement de tous les territoires et réduire les inégalités.

Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 18:29
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Ce matin, la relation par le journal Ouest-France des ateliers départementaux pour l’Alternance a déclenché la colère du Président du LUART qui a, parait-il, peu apprécié que Christophe ROUILLON compare la Maison Départementale des Personnes Handicapées à une « Auberge espagnole où l’on trouve souvent ce que l’on y apporte ». Il a d'ailleurs exigé un droit de réponse qui nous amène à faire quelques précisions :

 

Cette formule imagée, mais pas insultante*, faisait suite à de sévères critiques de personnes handicapées ayant participé à l’atelier sur le handicap. Elles dénonçaient pêle-mêle les sous-effectifs, l’accueil téléphonique insuffisant, les délais de traitement pour la reconnaissance et le renouvellement des titres « d’handicapés ». Beaucoup regrettaient la centralisation de tous les services aux personnes handicapées dans une structure unique en manque criant de moyens. Dans ce cas, il valait mieux, en effet, venir avec ses propres solutions sous peine d’être déçu...

 

C’est pourquoi, notre groupe des élus de gauche proposera une reforme en profondeur de cette structure pour qu’elle puisse répondre plus rapidement et plus personnellement aux attentes d’une population diminuée et souvent en souffrance.

 

La colère du Président montre combien l’UMP est à cran (peut-être des difficultés internes ?) et méritait bien que nous précisions notre pensée.

 

*Le premier sens indiqué est l'original. Il vient de la mauvaise réputation qui, dès le XVIIIe siècle, était faite par les voyageurs étrangers aux auberges espagnoles où il était conseillé aux visiteurs, s'ils voulaient manger à leur faim, d'amener eux-mêmes de quoi se sustenter et se désaltérer, soit parce que l'auberge offrait le gîte mais pas le couvert, soit parce que la qualité et la quantité de ce qui leur y était servi étaient très critiquables.

Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 21:34
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Les allocations individuelles de solidarité, dont la plus ancienne, le revenu minimum d’insertion (devenu en 2008 le revenu de solidarité active) a été créée il y a une vingtaine d’années, constituent les fondements de la solidarité nationale et du système de protection sociale tels qu’ils ont été énoncés dans le programme du Conseil national de la résistance et repris dans le préambule de la Constitution de 1946 – intégré dans le préambule de la Constitution de 1958.

 

Ces allocations constituent un droit voté par le Parlement auquel peut accéder : une personne âgée pour compenser la perte d’autonomie due à son âge – c’est l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) – ; une personne qui ne touche plus suffisamment de  revenus pour vivre dignement – c’est le revenu de solidarité active (RSA) – ; une personne handicapée pour s’adapter à son environnement et adapter son cadre d’existence, de telle sorte que ses conditions de vie soient facilitées – c’est la prestation de compensation du handicap (PCH).

 

Depuis les lois de décentralisation de 1982 et 2004, la solidarité repose dans une large mesure sur les Conseils généraux qui ont pour charge la mise en ouvre et le versement de ces trois allocations.  L’Etat, au nom de la solidarité nationale et du principe d’égalité, a conservé sa compétence générale de détermination des normes ainsi que de définition des conditions d’accès et des mécanismes de calcul de ces allocations.

 

Pour permettre aux départements de financer ces dépenses, il a transféré aux départements des ressources selon des modalités très variables :

- s’agissant du RMI, transféré en 2003, l’Etat a compensé ces dépenses selon leur coût historique à la date du transfert ;

- s’agissant de l’APA, cette dernière, créée en 2001, s’est accompagnée d’un partage de financement entre l’Etat, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) – établissement public de l’Etat créé en 2004 - et les départements ;

- enfin, la création en 2005 de la PCH ainsi que des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), n’a pas donné lieu à l’établissement d’un droit à compensation des charges exposées par les départements mais à la mise en place de dispositifs de concours financiers versés par la CNSA aux départements.

 

Or, ces modes hétérogènes de financement s’avèrent aujourd’hui inadaptés à la nature même de ces allocations. En effet, alors même que la couverture maladie, les allocations familiales et les allocations de retraite sont financées par des ressources prélevées à l’échelon national, une partie de plus en plus importante du financement de l’APA, du RSA et de la PCH repose sur les finances départementales sans être identifiée juridiquement et budgétairement et demeure financée par une fiscalité en complète inadéquation par rapport à la nature et au rythme d’évolution de ces allocations de solidarité.

 

Ce financement inapproprié d’une partie du système de solidarité national menace l’équilibre financier des départements qui ne seront pas en mesure d’assurer le financement de ces allocations à court terme et porte gravement atteinte au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales.

 

Dans ces conditions, il convient, compte tenu du caractère propre de ces trois allocations individuelles de solidarité, de faire évoluer le mode de financement et de compensation des charges exposées par les départements au titre de la mise en œuvre de la solidarité nationale.

 

Aussi, pour résoudre la question de l’inadaptation du financement actuel de ces trois allocations, l’Association des Départements de France (ADF) a décidé de déposer une proposition de loi prévoyant que l’Etat doit assurer la compensation de ces charges que les Départements assument, en fait, pour son compte.

 

Il est important de noter que cette proposition de loi a été validée à l’unanimité par les membres du bureau de l’ADF qui rassemblent aussi bien des élus de gauche que de droite.  Suite à ce vote unanime du bureau, une délégation de l’ADF, présidée par Claudy LEBRETON, rencontrera tout prochainement l’ensemble des présidents de groupes parlementaires des deux assemblées afin de les sensibiliser à la situation financière dramatique des départements, de les convaincre de la nécessité de soutenir la proposition de loi issue des travaux de l’ADF et de participer à sa finalisation.

Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 20:44
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impot-locaux.jpgCe dimanche matin, Ouest-France publie son enquête annuelle sur l'évolution des impôts locaux. Le tableau concernant la santé financière des départements a tout naturellement retenu notre attention :

 

L’enquête de Ouest-France met tout d’abord en évidence la mauvaise santé financière du Conseil général de la Sarthe qui demeure l’un des départements les plus endettés de l’Ouest de la France. La faible performance de gestion de la Sarthe démontre également que la gestion des élus UMP est plutôt calamiteuse puisque les marges de manœuvres financières du Conseil général ne cessent de se dégrader.

 

Par ailleurs, l’enquête montre que la Sarthe est le département de la région dans lequel l’impôt moyen départemental est le plus élevé. Cette situation est le résultat du matraquage fiscal auquel se livre la majorité UMP depuis plusieurs années. Ainsi, la taxe foncière départementale a augmenté de 36% sur les dix dernières années. De même sur la période 2001 - 2010, la part départementale de la Taxe d'habitation a augmenté en moyenne de 30% avec des pointes à +76% à Sablé, +65% à la Flèche ou +48% au Mans du fait d’un tripatouillage des élus UMP sur le mode de calcul de l’impôt départemental.

Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 12:50
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Prochainement, le projet de loi sur la réforme territoriale doit revenir en deuxième lecture devant les députés.

 

Les députés ont adopté une première version de ce texte le mardi 8 juin 2010 dont les Sénateurs ont entrepris la démolition. Les résultats des échanges parlementaires marquent le manque de confiance notable de la majorité présidentielle pour le projet gouvernemental. C’est aussi la confirmation que ce texte n’emporte pas l’adhésion des élus.

 

Au-delà de la création du Conseiller territorial qui est loin de faire l’unanimité, la méthode employée par le gouvernement et le contenu du tableau de répartition de ce nouvel élu hybride sont mal acceptés.

 

elus-territoriaux.jpg

 

D’une manière générale, à trop vouloir encourager « l’évaporation » des départements, le gouvernement va in fine réduire considérablement les marges de manœuvre et les capacités d’action de deux échelons pourtant complémentaires aujourd’hui : la région et le département.

 

De plus, loin de simplifier le prétendu « mille-feuille territorial », le texte adopté complexifie de manière considérable la lisibilité du système institutionnel de notre pays. Création d’échelons nouveaux (métropoles, pôles métropolitains, communes nouvelles), répartition des compétences inefficace, limitation déséquilibrée des financements croisés, cette réforme brouille les cartes et met gravement en péril la continuité des services publics locaux, en particulier dans les territoires ruraux.

 

Le nouvel examen parlementaire est également l'occasion de rappeler quelques vérités :

 

OUI c’est l’Etat et la Sécu qui totalisent 90% de la dépense publique : les collectivités 10% 

NON les élus des collectivités ne coûtent pas trop cher : 0,4% du budget des collectivités 

 

OUI les collectivités locales sont le premier investisseur public : 73% des investissements

NON les collectivités locales ne sont pas très endettées : en 2009, 7,9 % du PIB  contre 77% pour l'État.

 

OUI c’est un recul pour une juste représentation des territoires ruraux et un coup grave porté à la promotion de la parité. La démocratie locale est en danger.

NON le mille-feuille administratif n’est pas une spécialité française :les principayx pays européens ont tous trois niveaux de décisions.

 

OUI c’est un coup porté à la décentralisation et à la nécessité de proximité : l'élu s'éloigne du terrain.

NON il n’y a pas d’enchevêtrement des compétences entre Régions et Départements : 90% des dépenses sont divergentes, 10% seulement convergent.

 

OUI c’est la fin de l’autonomie fiscale des départements avec la suppression de la Taxe Professionnelle : en 2009, le Conseil général a perçu 187 millions d'€uros de fiscalité directe, après la réforme cela sera  ne sera plus que 60 millions d'€uros. 

NON les ménages ne seront pas épargnés par la suppression de la Taxe Professionnelle. Ils compenseront.

Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 20:58
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Depuis plusieurs années, nous ne cessons de dénoncer les ravages des décisions politiques pour les finances du Conseil général qui se dégradent budget après budget : hausse sans fin des dépenses de fonctionnement du fait des transferts de compétences, recettes insuffisantes pour combler le déficit creusés par l'État, forte augmentation de la fiscalité locale, endettement de plus en lourd. Au rythme où vont les choses, le Conseil général de la Sarthe ne tardera pas à rejoindre le groupe des départements "en faillite".

 

Pourtant, la majorité UMP reste sourde à nos remarques et refuse de réclamer notre dû au gouvernement … la proximité des élus UMP avec le Premier ministre n'y est probablement pas pour rien. Devant tant de passivité, notre groupe a décidé de réagir à la place de la majorité en saisissant le Conseil constitutionnel sur l'actuel non-respect de l'article 72-2 de la Constitution.

 

En effet, alors que les transferts de compétences entre l'État et le Conseil général ont eu pour conséquences d'augmenter les dépenses du Conseil général de la Sarthe, ils n'ont pas été accompagnés des ressources nécessaires à l'exercice des compétences transférées conformément au quatrième alinéa de l'article 72-2 de la constitution.

 

De même, nous constatons que les recettes fiscales et les autres ressources propres de notre collectivité ne représentent plus une part déterminante de l'ensemble des ressources du Conseil général de la Sarthe contrairement aux dispositions prévues dans le troisième alinéa de l'article 72-2

 

Nous attendons donc du Conseil constitutionnel qu'il se saisisse de ces questions et puisse conformément à ses prérogatives, nous apporter des éléments de réponse sur ce que nous pensons être aujourd'hui contraires à la loi fondamentale de la République.

 

Retrouvez le courrier adressé au Président

du Conseil constitutionnel et ses annexes.

Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 21:13
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ASTRE.jpg Peut-être connaissez-vous l'association ASTRE ? C'est une association de soutien aux travailleurs en recherche d'emploi.

 

Basée Rue Auvray, elle apporte une aide aux chômeurs en les accompagnant dans leur recherche d'emploi ou de formation. Elle organise des ateliers de vie sociale ou d'informatique permettant aux personnes les plus éloignées de reprendre confiance en elles. 2 900 chômeurs ont fait appel à ses services l'an passé.

 

La qualité de son travail est reconnue par tous à un moment où le nombre de chômeurs atteint à nouveau des sommets. Pourtant, le Conseil général a progressivement décidé de lui couper les ailes en réduisant de façon substantielle ses subventions.

 

Alors que le Conseil général avait déjà réduit sa subvention de 30% en 2008, une nouvelle diminution a été décidée par la majorité UMP pour l'année 2010 conduisant à amputer le budget de l'association de 33 000 € soit une division par deux de la subvention départementale en deux ans.

 

Nos interventions n'ont rien changé et n'y changeront rien ! Le Conseil général considérant que le public de l'ASTRE est trop éloigné de l'emploi a décidé de  ne plus soutenir les actions d'insertion de l'association. Pourtant, il existe une autre raison à cette disgrâce de l'ASTRE  : le Président et la Directrice de l'association sont clairement engagés à gauche et figuraient même sur la liste conduite par Jacques Auxiette lors des élections régionales de 2010.

 

Voilà un exemple clair et précis de la politique partisane et clientéliste des élus UMP du Conseil général.

Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 12:14
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Ce matin, à l’occasion du débat sur le projet de réforme territoriale, une conférence de presse des présidents des associations d’élu(e)s de gauche a été organisée à l’Assemblée nationale, qui a donné lieu à une déclaration commune :

 

Le projet de réforme territoriale :


Une menace sérieuse pour l’intervention publique locale

Un mouvement brutal de recentralisation

 

Nous, représentants des Associations d’élu-e-s de gauche, socialistes, communistes, citoyennes, progressistes, radicales et écologistes, réaffirmons notre attachement aux collectivités locales, communes, départements et régions, pour les services indispensables qu’elles rendent aux citoyens, pour leur engagement en matière de politiques publiques innovantes et de développement solidaire et durable, et pour leur capacité à apporter un nouveau souffle à la démocratie et à la citoyenneté.

 

Dans le contexte de crise majeure que nous traversons aujourd’hui, le projet de réforme des collectivités et des finances locales porté par le gouvernement constitue une menace d’une gravité sans précédent contre l’intervention publique locale et pour les enjeux de développement et de croissance durable qui lui sont associés.

 

Il porte les germes d’une régression démocratique unique dans l’histoire de la République, masquant, sous des arguments aux accents populistes, un mouvement brutal de recentralisation, anachronique au regard de l’environnement européen, de l’histoire de la décentralisation et des défis environnementaux.

 
Nous exigeons le retrait du projet de loi car la réforme voulue par le gouvernement conduit à un recul de la démocratie territoriale.

 

Le projet gouvernemental planifie l’affaiblissement simultané des régions et des départements. Le conseiller territorial consacre le cumul des mandats, la confusion des fonctions et l’éloignement des élus de leurs concitoyens. Il annonce, à terme, la disparition des départements et des régions et du principe de subsidiarité.

 

Le projet gouvernemental porte une atteinte sévère à  l’autonomie locale en privant les collectivités de compétences institutionnelles et fiscales, dont certaines pourtant reconnues constitutionnellement. – Comme l’illustre le cas du « Grand Paris », exemple de démarche autoritaire et de reprise en main par l’Etat de prérogatives relevant des élus locaux, ou comme les conditions de création des métropoles telles que prévues dans le projet de loi. 

 

Le projet gouvernemental réaménage la clause de compétence générale : pure hypocrisie cependant si les moyens financiers ne sont pas associés aux capacités d’intervention des collectivités.

 

Nos associations d’élus sont fermement opposées à la création du conseiller territorial et aux modes de scrutin qui lui sont associés, qui font fi de la parité, de la représentativité des territoires et de la diversité des habitants.

 

L’accélération du calendrier d’adoption de la loi montre la fébrilité du gouvernement face à l’opposition croissante de très nombreux élus, y compris dans les rangs de la droite, et de nos concitoyens, conscients des enjeux politiques et sociaux de cette réforme. 

Nous en exigeons le retrait: les collectivités locales sont le moteur de la vitalité de notre pays : véritables « amortisseurs des crises », elles protègent nos concitoyens dans leurs besoins par des services publics dynamiques. Elles constituent le principal soutien aux secteurs culturel, sportif et associatif ; enfin, elles sont la clef de voûte du développement économique des territoires et de la création d’emplois de proximité.

Réalisant 73% de l’investissement public, les collectivités ont un rôle prépondérant dans l’économie nationale. 800 000 emplois dépendent directement ou indirectement de la commande des collectivités.

 

La suppression de la taxe professionnelle, la baisse des dotations, le report des charges de l'Etat sur les différentes collectivités alors que celles-ci n'ont pratiquement plus d'autonomie fiscale programment l'asphyxie financière des collectivités et l’aggravation des inégalités entre les territoires. C'est la traduction d'une recentralisation autoritaire des pouvoirs au détriment de la démocratie.

 

Ce processus de centralisation obère les possibilités d'actions diversifiées des collectivités. Il condamne les fortes capacités de relance dont les collectivités sont porteuses.

 

Nous refusons une réforme fondée sur la poursuite d’intérêts partisans et dont les conséquences démocratiques, sociales et politiques s’avèrent dramatiques pour l’intérêt général.

 

Nous nous prononçons en faveur d’une grande réforme de l’organisation territoriale, démocratique, ambitieuse et solidaire, associée à des moyens humains et financiers adaptés.

 

Notre conception d’une réforme juste est celle qui conduit à réduire les inégalités territoriales et fiscales, qui fasse vivre la démocratie locale, qui donne aux collectivités les moyens de répondre aux besoins de la France confrontée aux défis économiques, sociaux et environnementaux.

 

Nous demandons solennellement aux parlementaires, dans leur diversité, aux centaines de milliers d’élus de France, aux personnels territoriaux, aux  associations et aux citoyens de notre pays de se mobiliser, ensemble, pour obtenir le retrait de ces réformes. 


Nous en appelons à un nouveau Pacte Républicain entre l’Etat et les collectivités.

 

Etienne Butzbach, Président des Élus du Mouvement Républicain et Citoyen

André Chassaigne, Président des Élus Communistes et républicains

Jean–François CARON, Président des Élus Verts et écologistes

Claudy Lebreton, Président des Élus Socialistes et républicains

Patrick Molinoz , Président des Élus de la Gauche radicale et républicaine

Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 21:26
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Les chiffres de l’INSEE viennent confirmer les bons résultats de la gestion des collectivités locales.

 

La gestion de l’Etat par le gouvernement est qualifiée de catastrophique tandis que celle des administrations locales est rigoureuse.

 

Le besoin de financement (part de l’investissement financée par l’endettement) des administrations locales (Régions, Départements, Communes …) atteint 5,6 milliards contre 8,7 milliards d’€ en 2008, soit une baisse de 35% ! Le déficit de l’Etat, en revanche, augmente de 112%.

 

Alors qu’elles ont massivement investi pour protéger les salariés de la crise et de la politique du Gouvernement, pour préparer la reprise et notre avenir, alors qu’elles sont soumises à la pression financière de l’Etat qui les étrangle financièrement, les collectivités locales ont malgré tout réussi à réduire leur recours à l’endettement de manière spectaculaire.

 

Le Président de la République et son Gouvernement devraient prendre exemple sur cette gestion plutôt que multiplier les mensonges sur les collectivités.

 

Aussi, face à un tel démenti, il est attendu du Gouvernement qu’il reconnaisse enfin que son projet de contre-réforme territoriale va venir affaiblir et désorganiser des collectivités qui fonctionnent bien et qui offrent des services publics de proximité et de qualité, auxquels les citoyens sont attachés.

 

Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 17:02
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