Une délégation du groupe des élus de gauche et républicains a rencontré le Directeur Régional de la SNCF et le Directeur des Affaires
Territoriales à la Direction régionale de la SNCF afin de faire le point sur les dessertes en Sarthe et le chamboulement créé par le changement d’horaires du 11 décembre. Voici en résumé ce que
nous a dit la SNCF.
Quid de la desserte TER en Sarthe ?
« C’est RFF décide du cadencement sur l’ensemble du territoire après l’aval de l’Etat, des changements au niveau national mais
aussi au niveau de l’international ont entraîné une révision générale des grilles TGV. Cela a pour conséquences de gros changements d’horaires à Rennes et en gare du Mans.
La Sarthe est dans une situation particulière car il y a l’arrivée de trains de la Basse Normandie avec un nouveau cadencement et
l’arrivée de trains de la région Centre, il a fallu refondre tous les horaires.
En région Pays de la Loire, 90 % des horaires bougent. Sur ces 90 %, 3 % posent des problèmes notamment sur la ligne Alençon, le Mans,
Tours. Notre région subit l’effet domino malgré les importants efforts de développement entrepris par la région des Pays de la Loire avec 200 000 km de train TER nouveau. Un travail est en
cours avec les élus pour trouver des solutions aux problèmes soulevés par les habitants. »
La LGV n’entrera en fonction qu’en 2017, sommes-nous coincés pour 5 ans ?
« Non, les horaires changent tous les ans. Concernant la ligne Alençon-le Mans-Tours, on peut prendre l’image d’une nationale qui
est coupée par trois autoroutes. La SNCF a essayé de séparer les trains qui font Caen-Tours car cela concerne trois régions (raisonnement par tronçon) mais en cas de problème c’est impossible à
gérer. C’est une ligne qui se développe et qui a encore un potentiel de développement et la encore la SNCF semble consciente du problème.
De son côté, la ligne Le Mans-Nantes arrive à saturation, les trains ont déjà été doublés, puis les trains à deux étages ont été mis en
place, et si l’on rallonge les trains, RFF devra rallonger les quais et revoir la signalisation, ce qui entraînerait de lourds et longs travaux ».
Avec La LGV, quel est le devenir de la vieille ligne et des gares ?
« Il faut garder les lignes car en cas de problèmes sur la LGV, il faut avoir une solution de repli.
Concernant le problème des guichets, la présence de guichets dans les gares est de moins en moins pertinente. Nous assistons à un
effondrement de la vente en gare. Pour les TER, plus de la moitié des usagers ont un abonnement. Pour les TGV, la majorité des ventes se font par internet. Ce mouvement s’accélère. On ne peut pas
laisser des gens en gare alors qu’ils n’ont plus de travail. »
Où en est le développement du fret ?
« Le fret est en concurrence depuis 2006. Cette concurrence est violente. La SNCF est passée sur le créneau de la sécurité, les
autres sur le profit, cela relève du droit privé. Il y a aussi un problème de fond : la désindustrialisation de la France et la pertinence du fret pour des entreprises qui fonctionnent en
« juste à temps ». Le fret est pertinent au-dessus de 500 KM, or la majorité du transport en France se fait sur moins de 200 KM. La route a eu une adaptation plus rapide que le fer, RFF
a pour mission de développer le fret ferroviaire, c’est ce qui est fait avec les autoroutes ferroviaires (camions ou remorques mis sur un train) et la ligne Lille-Perpignan qui fonctionne très
bien. »
Le devenir des ateliers SNCF ?
« Les ateliers du Mans appartiennent à la SNCF. A Nantes, il y a un atelier pour les TER qui est entièrement financé par la
Région. Aujourd’hui en France, il y a 11 ateliers or à terme seul 7 seront nécessaires. Les ateliers du Mans gèrent les pièces détachées du vieux matériel et emploient 150 personnes. La décision
a été prise de les fermer. Trois tables rondes ont débouché sur 3 engagements : L’atelier va devenir un site de déconstruction du matériel ferroviaire en France. Cet atelier aura 20 emplois
et une entreprise sous traitante sera chargée de l’amiante. Une équipe d’agents viendra en renfort dans les établissements (Paris, Rennes, Caen, Tours). Cette équipe sera composée de 10 à 20
agents. La SNCF et la Région se sont mises d’accord pour que des opérations de réparations simples puissent se faire sur le lieu. La SNCF souhaite développer les opérations sur le site de
Pontlieue mais cela reste limité. Cela représentera 20 emplois à terme. En parallèle, la SNCF traite les évolutions du personnel. Il y a eu des mises à la retraite d’office. En 2013, année de
l’arrêt de l’activité, il restera encore entre 60 et 70 personnes présentes sur le site. »
Nous avons pris note de ces éléments lors de cet échange avec la SNCF, tout en précisant que les réponses données ne nous
convenaient pas forcément. Ainsi, nous continuons à penser qu’il est anormal que la modification des horaires TER n’ait pas donnée lieu à davantage de concertation. Nous regrettons l’absence de
réelle politique nationale de développement du fret et sommes en total désaccord avec la SNCF sur l’avenir des Ateliers de la SNCF qui disposent d’un vrai savoir-faire qui doit être valorisé. A
suivre …
Lundi 21 novembre 2011
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