La Sarthe à Gauche

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Le groupe des élus de Gauche regrette profondément le choix du gouvernement de reporter une nouvelle fois la réforme de la dépendance.

 

Le 8 février 2011, le Président de la République avait lancé solennellement un débat national sur la perte d’autonomie en justifiant l’urgence de cette décision par un fait incontestable : " la démographie, elle, n'attendra pas". Sept mois plus tard, le Premier ministre vient de sacrifier cette réforme sur l’autel de la crise. Cette décision est une très mauvaise nouvelle pour les familles et les départements de France.

 

Nos concitoyens ne peuvent, en effet, plus attendre. Avec un reste à charge qui ne cesse de progresser, une qualité d’encadrement dans les établissements mise à mal, faute de moyens, et des services d’aides à domicile toujours aussi fragiles financièrement, les familles sont désemparées et ne savent plus à qui s’adresser pour la prise en charge de leurs aînés.

 

Piliers de ce système, les Conseils généraux sont eux-mêmes désemparés face à cette situation. Ils ne disposent plus aujourd’hui des moyens suffisants pour faire face au désengagement continu de l’Etat dans le financement des allocations individuelles de solidarité dont l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) fait partie. Si la tendance se poursuit, ils ne seront bientôt plus à même de remplir leur mission de solidarité à l’égard des Français. Or, l’urgence est à la sauvegarde de notre modèle de solidarité nationale.

 

Pourtant, de longs mois de concertation ont montré qu’il existait des propositions. Il ne s’agit pas uniquement d’une question financière car les moyens financiers nécessaires pour une réforme juste et responsable de la dépendance sont loin d'être hors de portée. A l'horizon 2025, les projections réalisées indiquent que quatre milliards d'euros seraient nécessaires pour assurer le financement d’une réforme indispensable, soit deux fois le montant concédé par le gouvernement cet été, aux contribuables les plus riches, par la baisse d'imposition au titre de l'ISF.

 

Assurer la pérennité du système de prise en charge qui bénéficiera aux 12 millions de personnes susceptibles de se trouver en situation de perte d’autonomie est avant tout une question de priorité politique et pas uniquement de financement.

 

Nous demandons donc au gouvernement de prendre les mesures d’urgence qui s’imposent afin de répondre à la crise majeure qui s’annonce pour les familles de France.

Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 17:53
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Le groupe des élus de gauche et républicains du Conseil général de la Sarthe se félicite de la censure prononcée hier par le Conseil constitutionnel sur le projet de loi fixant le nombre de conseillers territoriaux par département et par région.

 

Cette décision pointe clairement du doigt le choix politique effectué par le Gouvernement afin de permettre l’adoption rapide de ce texte fortement contesté. En effet, ce dernier a feint d’oublier que tout projet de loi concernant les collectivités territoriales doit être examiné en première lecture par le Sénat comme le prévoit l’article 39 de la Constitution.

 

Nous constatons ainsi que depuis son annonce par le Président de la République, la réforme des collectivités territoriales s’est faite contre les élus et non avec eux. A la vieille du renouvellement de la moitié des sénateurs, le peu d’estime du Gouvernement à l’endroit de la Haute Assemblée est extrêmement regrettable.

 

Nous rappelons enfin notre opposition au conseiller territorial dont la création ne vise à terme qu’à encourager la fusion des conseils généraux et des conseils régionaux.

Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 18:01
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Le Conseil constitutionnel a examiné mardi 14 juin les recours déposés au titre de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par un certain nombre de conseils généraux. Trois QPC relatives au financement de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), du revenu de solidarité active (RSA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH), en tant que l'insuffisance de ce financement porterait atteinte au principe de libre administration des collectivités ainsi qu'au principe de compensation des transferts de compétences posé par l'article 72-2 de la Constitution.

 

Rappelons que le Conseil d'Etat avait accepté, le 20 avril, de renvoyer au Conseil constitutionnel trois des sept questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) soulevées par les départements. Ce 14 juin, le Conseil constitutionnel a entendu les avocats des départements. Le dernier d'entre eux concluant à l'adresse des membres du Conseil : "Vous pouvez, par la déclaration d'inconstitutionnalité et par l'abrogation de la loi qui en résulte, saisir le législateur, le contraindre à tirer les conséquences de votre décision et donc à réexaminer la loi. C'est ce qu'aujourd'hui les départements vous demandent de faire." Ce fut ensuite au tour du directeur du secrétariat général du gouvernement, qui représentait le Premier ministre, d'être entendu.

 

Les QPC ont été mises en délibéré et les décisions seront rendues publiques le 30 juin. Elles seront accessibles sur le site internet de l'institution le 30 juin en fin de journée, a précisé Jean-Louis Debré.

 

A suivre ...

Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 21:40
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Déclaration de la Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale à la quelle notre groupe souscrit en totalité.

 

Depuis plusieurs semaines, l’UMP dénonce l’assistanat et s’en prend aux allocataires du RSA. Aujourd’hui, certains envisagent de rendre le travail obligatoire et de sanctionner ceux qui ne s’y plieraient pas. Faut-il rappeler que l’Organisation internationale du travail (OIT) considère que la « participation obligatoire à des travaux publics » s’apparente à du travail forcé : « Une relation de travail devrait être librement consentie et exempte de menaces. »

 

En s’en prenant aux allocataires du RSA, l’UMP oublie de parler de tous les dysfonctionnements, les retards de paiement, les calculs erronés de cette allocation difficile à évaluer, toutes les incertitudes qui pèsent sur les personnes, car elles ne savent jamais combien elles vont toucher, lorsqu’elles travaillent un mois 20 heures, l’autre 60, et le troisième pas du tout. Et pourtant, elles sont plus de 600.000 à travailler et à toucher le RSA activité… A croire qu’elles partagent elles aussi l’ambition que le travail est une valeur positive !

 

Pourquoi ne pas proposer un véritable travail ? La vérité est que peu d’offres sont proposées et que très peu d'allocataires les refusent (ils seraient radiés s'ils en refusaient plus de deux).

 

Nous comptons 1,1 million de personnes touchant le RSA sans emploi. Nous comptions aussi 1,1 million de personnes au RMI en 1999 (sources CNAF). En douze ans, le chiffre est resté le même ! Pourtant, entre temps, la crise économique est passée par là et le chômage a grimpé en flèche.

 

Les allocataires du RSA sont des personnes en difficulté : des mères seules avec de jeunes enfants, des personnes ayant des problèmes de santé, des chômeurs, notamment en zones de désertification industrielle qui ont épuisé leur droit à indemnisation, etc. Ils sont allocataires du RSA parce qu'ils ne parviennent plus à accéder à l'emploi, et non parce qu'ils ne le veulent pas. Seules 600 000 personnes touchent aujourd’hui le RSA tout en exerçant une activité alors que le dispositif en prévoyait initialement trois fois plus.

 

Cette sous-utilisation montre, d’une part, qu’il n’y a pas suffisamment d’emplois aujourd’hui pour permettre au RSA de répondre à son objectif de départ : garantir un retour à l’emploi suffisamment rémunérateur pour sortir les personnes de la pauvreté. Elle montre aussi que beaucoup de personnes qui y auraient droit ne demandent pas le RSA, de peur justement d’être stigmatisées.

 

L'accompagnement qui devait être assuré par Pôle emploi, organisme totalement débordé, est totalement insuffisant pour permettre aux personnes de retrouver un emploi après avoir réglé les multiples problèmes qui font obstacle à cette reprise : problèmes de santé, de logement, de mobilité, de formation, de garde d’enfants… Or, l’expérience des associations d’insertion montre qu’une personne sur deux retrouve un emploi ou une formation lorsqu’elle est sérieusement accompagnée. C’est donc sur cet accompagnement que doit porter l’effort.

 

Il y a bien sûr des améliorations à apporter au RSA. Mais, l’accompagnement des personnes vulnérables est un enjeu essentiel pour l’avenir de notre pays qui mérite autre chose que des positions idéologiques fondées sur des données fausses.

 

RSA-STO.gif

Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 21:33
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Le Mans, le 8 juin 2011

 

Monsieur le Président,

 

L’ensemble des Conseillers généraux a été sollicité par les parents des enfants accueillis dans la classe Trottinette de l’école Henri Wallon aux Sablons, que l’Éducation nationale a pris la décision de fermer à la prochaine rentrée scolaire.

 

Cette classe créée en 2001 est un dispositif innovant unique en Sarthe qui émane de l’Hôpital pour permettre aux enfants de 3 à 6 ans présentant un handicap, d’être suivis par un enseignant spécifiquement formé et ainsi leur donner de meilleures chances de réussir leur intégration en milieu scolaire ordinaire le moment venu.

 

Depuis sa création cette classe accueille chaque année une vingtaine d’enfants et répond donc à un véritable besoin. Au lieu de valoriser cette expérience positive de prise en compte de chacun dès son plus jeune âge et avec ses difficultés, l’Éducation nationale choisit d’appliquer la logique de rentabilité financière ce qui meurtrit une seconde fois les parents et condamne les enfants à l’exclusion à court terme.

 

Notre groupe est opposé à cette fermeture. Aussi, conformément à l’un des slogans du Conseil général « Ensemble faisons évoluer notre vision du handicap », nous souhaitons que le Conseil général fasse part à M. l’Inspecteur d’Académie de l’opposition de notre collectivité à cette décision.

 

En cette période d’animation « Handi-moi oui », il nous paraît incontournable de ne pas se limiter au vernissage d’une exposition magnifique dans la galerie de la Préfecture mais de répondre concrètement à l’inquiétude des parents en soutenant leur lutte pour le maintien de la classe Trottinette.

 

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos salutations les meilleures.

 

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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 13:51
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Le groupe des élus de Gauche du Conseil général de la Sarthe est satisfait de la décision du Conseil d’Etat de transmettre au Conseil constitutionnel plusieurs questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) soulevées par des conseils généraux sur le financement des allocations individuelles de solidarité (APA, PCH, RSA).

 

Le choix effectué par la plus haute juridiction administrative de notre pays confirme le sérieux et la validité des arguments développés par une majorité de départements sur ce dossier depuis plusieurs mois. En effet, en diminuant sans cesse sa part dans le financement de ces trois allocations de solidarité, le gouvernement étrangle financièrement les conseils généraux, comme l’ont souligné à maintes reprises de nombreux rapports du Parlement, de l’ADF et des agences…

 

C’est la raison pour laquelle une cinquantaine de départements ont fait le choix de demander aux membres du Conseil constitutionnel de se prononcer sur la remise en cause du principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales et en particulier des départements. Nous ne pouvons que regretter que la Sarthe ait refusé de s’associer à cette démarche qui réunit des Départements de différents horizons politiques.

 

Nous attendons que le Conseil constitutionnel, qui a désormais trois mois pour se prononcer sur ces QPC, prenne les décisions justes et redonne aux départements les moyens d’exercer librement leurs politiques en faveur de nos concitoyens, au nom du principe de solidarité auquel ils sont attachés.

Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 11:03
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mauvaise-note.jpg Hier, le groupe d’analyse Standard and Poor’s a publié une étude intitulée « 2010, une dernière « bouffée d’oxygène » pour les finances départementales avant « l’asphyxie budgétaire » ? »

 

Dans ce document, l’agence internationale de notation estime que « face à la pression des dépenses sociales » qui pèse sur les conseils généraux, le Gouvernement n’a pour le moment apporté que de « simples pansements budgétaires ». Elle souligne ainsi clairement que le fonds d’urgence et le fonds de péréquation des DMTO n’empêcheront pas « une détérioration des performances financières voire une impasse budgétaire pour certains départements ».

 

Cette note, qui actualise celle réalisée l’an passé à la même époque par l’agence de notation, confirme donc une nouvelle fois la gravité de la situation financière des départements. Alors que le Gouvernement ne cesse de présenter la hausse des droits de mutations pour 2010 comme solution à ces difficultés, elle rappelle à juste titre que « une telle hausse des DMTO n’est probablement pas appelée à se répéter dans les prochaines années ».

 

Comme nous le disons depuis des mois, seules des mesures structurelles règleront « l’asphyxie » budgétaire que subissent les départements.

 

A l’instar de l’Association des Départements de France nous demandons expressément au Gouvernement d’ouvrir sans délais des négociations pour trouver des solutions pérennes et durables aux enjeux financiers des conseils généraux.

Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 16:45
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Les Conseillers généraux de gauche de la Sarthe ont pris connaissance de l’intervention de Nicolas Sarkozy sur la dépendance prononcée devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

 

Si le chef de l’Etat a reconnu le « rôle majeur » des départements dans ce domaine et les immenses difficultés financières qui en découlent pour eux, le fond de son intervention n’est en revanche pas de nature à rassurer nos concitoyens sur le contenu de la réforme à venir.

 

En effet, le Président de la République n’a pas hésité à affirmer que la prise en charge de la perte d’autonomie de nos aînés revenait avant tout à la famille et non à la société dans son ensemble. Cette analyse compassionnelle de la situation ne vise, semble t-il, qu’à ouvrir devant l’opinion la brèche du recours à l’assurance privée.

 

Nous estimons à l’inverse que c’est en premier lieu à la solidarité nationale d’assumer ce soutien quotidien et de permettre ainsi aux personnes âgées de finir leur vie dans la dignité.

 

L’allongement de la vie est une bonne nouvelle pour la France et il ne faudrait pas qu’il soit présenté exclusivement comme un défi financier. La dépendance des personnes âgées n’est pas une fatalité ; les Français vivent plus longtemps et en meilleure santé, il convient de le rappeler.

 

Nous nous étonnons que l’Assemblée des départements de France n’ait pas été invitée à s’exprimer à l’occasion du lancement du débat national. Cet « oubli » reflète malheureusement le peu d’égard du gouvernement à l’endroit des départements de France.

 

Au-delà des discours du Président de la République, nous attendons des décisions immédiates, notamment le complément de financement des 3 allocations individuelles de solidarité qui se chiffre à près de 4 milliards d’euros pour la seule année 2010.

Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 18:48
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Profitant d’un passage en Sarthe de Claudy LEBRETON, Président de l’Association des Départements de France et Président du Conseil général des Côtes d’Armor, notre groupe avait organisé un débat sur l’avenir des Conseils généraux.  Nous vous en proposons aujourd’hui un petit compte-rendu.

 

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Claudy LEBRETON et Christophe COUNIL lors du débat à Domfront-en-Champagne

 

Des Conseils généraux renforcés

dans leurs missions …

Avec l’acte II de la décentralisation et les transferts de compétences, la solidarité est plus que jamais le cœur de métier des Conseils généraux, et représente désormais les deux-tiers du budget sarthois autour de trois missions phares : l’Allocation Personnalisée pour l’Autonomie, le Revenu de Solidarité Active et les politiques d’insertion et l’application de la loi sur le Handicap.

 

En une dizaine d’années, les missions traditionnelles du Conseil général ont été renforcées par la délégation de 17 compétences nouvelles dont la gestion du Fonds d’aide aux jeunes, du Fonds de Solidarité Logement, des personnels TOS des collèges, du Plan Départemental d’Élimination des Déchets,  des routes nationales et des voies d’eau ...

 

Ces nouvelles missions ont totalement modifié le profil du budget départemental qui, sur la période 1998 – 2011, a augmenté de 84% pour s’établir à 576 millions d’€uros. Les dépenses de fonctionnement ayant plus que doublé, représentent désormais 75% du budget départemental alors que l’investissement ne représente plus que 25% des dépenses contre 40% en 1998. Sur la même période, les effectifs du Conseil général ont doublé passant de 966 agents en 1998 à 2472 en 2010.

 

A l’heure, où certains prônent la suppression des Départements, il est bon de constater combien les Conseils généraux ont été profondément légitimés dans leurs missions.

 

… mais affaibli localement.

Pour autant, nous avons de plus en plus l’impression qu’il ne s’agissait que d’un marché de dupes dans la mesure où la Décentralisation n’a pas été suivie d’un transfert des moyens financiers nécessaires à l’exercice de ces missions nouvelles.

 

Une facture de 156 millions d’€uros depuis 2002

La facture de la l’Acte II de la Décentralisation et des transferts de compétences atteint des sommets impressionnants estimés à près de 156 millions d’€uros (M€) sur la période 2002 – 2010. Pour l’année 2010, la facture de l’Acte II de la décentralisation s’élève à 22,1 M€ auxquels il convient d’ajouter les surcharges financières liées à la politique du Handicap (9,5 M€) et à l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (5,8 M) soit une charge supplémentaire de 37,4 M€ pour le Conseil général de la Sarthe sur l’ensemble de l’année écoulée.

 

Une situation financière de plus en plus dégradée

Cette charge financière nouvelle a conduit à une dégradation continue de la situation financière du Conseil général de la Sarthe. La capacité d’épargne du Conseil général n’a cessé de diminuer se situant désormais à 8.5% des recettes de fonctionnement contre 18.5% en 1998 ce qui traduit une baisse très significative de notre capacité à assumer nos propres investissements.

 

Or, quand une collectivité locale ne dégage pas une épargne suffisante pour le financement de ses investissements, elle est contrainte à faire appel à l’emprunt. Ainsi en 2011, 41% des dépenses d’investissement seront financées par l’emprunt. Au final, la Sarthe est classée dans le premier tiers des départements les plus endettés avec une dette par habitant s’élevant à 494 € en 2009 (moyenne des départements : 371 € / hab.) et reste donc l’un des Départements les plus endettés de France.

 

Une perte d’autonomie très inquiétante

Cette dégradation financière du Conseil général de la Sarthe s’est par ailleurs accompagnée d’une inquiétante perte d’autonomie fiscale. Alors que la fiscalité directe représentait 52% des recettes du Département en 1998, ce ne sera plus que 13% en 2011 du fait de la réforme fiscale actuellement mise en œuvre. Dans le même temps, la part des compensations et dotations de l’Etat est passée de 15% à 54% des recettes de fonctionnement.  La suppression de la Taxe professionnelle et de la part départementale de la Taxe d’habitation limite donc considérablement les marges de manœuvre des élus contredisant totalement l’article 72.2 de la constitution qui prévoit que « les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités territoriales représentent une part déterminante de l'ensemble de leurs ressources ».

 

Quel avenir pour les Conseils généraux ?

Au fil des mois et des réformes entreprises par les gouvernements UMP successifs, nous ne pouvons que nous interroger sur l’avenir même des Départements français qui sont pris dans un étau visant progressivement à les amoindrir.

 

Devant faire face à des dépenses – notamment sociales – de plus en plus importantes, les Départements voient leur marge de manœuvres financières se réduire considérablement du fait de l’effet conjugué de la réforme fiscale et du gel des dotations de l’État. Chaque collectivité est alors contrainte à se recentrer sur ses compétences essentielles au détriment de compétences optionnelles et pourtant primordiales comme le soutien aux communes ou au mouvement associatif.

 

Dans le même temps, la réforme des collectivités territoriales votée en 2010 conduira à l’affaiblissement simultané des Régions et des Départements avec la création d’un élu cumulant à la fois les mandats de Conseiller général et régional conduisant à la fois à la confusion des fonctions et à l’éloignement des élus de leurs concitoyens. Cette réforme porte en germe la disparition des Départements et des Régions dans le cadre d’un vaste mouvement de recentralisation autoritaire des pouvoirs au détriment de la démocratie.

 

Les propositions de la Gauche

Les échanges ont également permis d’esquisser quelques pistes de travail :

  • Achèvement de la Décentralisation avec la suppression des doublons existants entre l’État et les collectivités locales ;
  • Clarification des compétences par la désignation d’un chef de fil pour chaque politique permettant de mieux coordonner les actions de chaque collectivité ;
  • Réforme sur le financement de la Solidarité envers les personnes âgées (APA) et les personnes en situation d’handicap (PCH) par un effort national 
  • Réforme fiscale permettant de redonner à chaque collectivité une autonomie financière suffisante ;
  • Abrogation de la réforme territoriale et modification du mode d’élections des Conseillers départementaux : scrutin uninominal dans des cantons équilibrés ou scrutin de liste à la proportionnelle de même type qu’aux élections municipales.
Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 08:51
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Dans les journaux du jour, le Président du Conseil général a fait état de sa satisfaction de laisser les finances départementales en bon état. Cette affirmation ne peut que nous faire réagir tant nous considérons qu’elle est éloignée de la réalité et relève de la manipulation ou de l’autosuggestion.

 

Plusieurs éléments incontestables montrent, en effet, que nous sommes très loin de compter parmi les Départements de France dont la situation financière est saine.

 

Tout d’abord, il convient de rappeler que l’Acte II de la Décentralisation et les transferts de compétences votés par le sénateur du Luart ont creusé un déficit de près de 156 millions d’€uros dans les finances du Département sur la période 2002 – 2010 (Sources : Rapport du Conseil général à la Commission de suivi de la décentralisation, des transferts de compétences et compensations du 22 novembre 2010).  Cette situation a d’ailleurs conduit sur la même période à une augmentation très forte des impôts locaux : augmentation de 36% de la taxe foncière départementale sur la période 2001 – 2010.

 

Par ailleurs, sous la Présidence de Roland du Luart, la capacité d’épargne du Conseil général n’a cessé de diminuer se situant désormais à 8.5% des recettes de fonctionnement contre 18.5% en 1998 soit une baisse de 54% ce qui traduit une baisse très significative de la capacité du Département à assumer ses propres investissements. (Sources : Taux d’épargne du Conseil général, Budget primitif 1998 et 2011 du Conseil général de la Sarthe)

 

Or, quand une collectivité locale ne dégage pas une épargne suffisante pour le financement de ses investissements, elle est contrainte à faire appel à l’emprunt. Ainsi, la Sarthe est classée dans le premier tiers des départements les plus endettés avec une dette par habitant s’élevant à 494 € en 2009 (moyenne des départements français : 371 € / habitant) et reste donc l’un des départements les plus endettés de France (Sources : Rapport « les budgets primitifs 2009 des départements » publié par le Ministère de l’intérieur).

 

Nous tenions à porter ces éléments incontestables à la connaissance des Sarthois afin de rétablir la vérité des faits face aux propos d’autosatisfaction du Président du Luart.

Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 21:18
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